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Le Gouvernement du Mali a affirmé sa volonté de faire de la lutte contre la pauvreté la priorité de toutes les priorités de développement.

Ceci transparaît à travers la mission assignée par le Président de la République dans sa lettre de cadrage et relayée dans la déclaration de politique générale du Gouvernement présentée par le Premier Ministre en juin 2004 et qui s'articule autour des points suivants :

• Réduire le taux de pauvreté à l'horizon 2007 pari une amélioration substantielle du taux de croissance de notre économie ;
• Favoriser les investissements en créant des conditions suffisamment incitatives ;
• Faire reculer les limites de l'analphabétisme par une amélioration sensible du taux de scolarisation, singulièrement celui des filles ;
• Elargir la couverture du pays en soins de santé primaire en multipliant notamment les centres de santé communautaires et en rendant disponibles les médicaments essentiels ;
• Favoriser l'accès du plus grand nombre aux logements sociaux ;
• Améliorer les conditions de travail des agents de l'Etat afin de doter le pays d'une administration performante au service du public ;
• Mettre un accent particulier sur la création d'emplois, notamment pour les jeunes ;
• Créer les conditions d'une véritable sécurité alimentaire par des aménagements hydro agri¬coles, en particulier l'Office du Niger ;
• Développer les infrastructures pour désenclaver le pays.

Le Ministère de l'Economie et des Finances, à l'instar des autres départements ministériels de notre pays, se trouve au cœur de l'ensemble des actions contenues dans le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP). Adopté le 29 mai 2002, celui-ci constitue désormais l'instrument unique de référence à moyen terme en matière de politique de développement au Mali et le prin¬cipal document de négociation avec l'ensemble des Partenaires Techniques et Financiers (PTF), un cadre de politique crédible pour la réduction de la pauvreté et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Il définit les axes stratégiques et les cibles à atteindre.

Le cadre macro-économique défini dans le CSLP traduit les orientations et les objectifs quantitatifs sur la base d'une vision de croissance économique soutenue et réductrice de la pauvreté. En outre, il est élaboré sous la triple contrainte de la viabilité financière de l'Etat, du respect des critères de convergence de l'UEMOA et de la nécessité d'assurer la compétitivité de l'économie malienne et ce, dans un contexte de renforcement de l'intégration africaine et de la globalisa¬tion de l'économie mondiale.

Le Gouvernement du Mali, à l'instar des autres gouvernements de la sous-région ouest africaine, est engagé dans la réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire (OMD) par la production d'un rapport national annuel. Ce document, au regard des besoins de développement du Mali et de la nécessité de poursuivre le dialogue avec les partenaires extérieurs, pourrait constituer un instrument de plaidoyer et de mobilisation de ressources tant nationales [qu'extérieures, pour la réalisation des projets et programmes en faveur des populations. Le premier rapport de suivi de la mise en œuvre des OMD au Mali a permis de dégager un certain nombre d'enseignements. Ainsi, avec l'adoption du CSLP, le Gouvernement a créé un envi¬ronnement propice à la mise en œuvre des OMD au Mali. Toutefois des efforts restent à faire pour une plus grande disponibilité des statistiques relatives aux indicateurs du CSLP. Au rythme actuel de mise en œuvre des politiques et stratégies d'exécution des programmes et projets de développement, il est difficile pour notre pays d'atteindre tous les OMD à l'horizon 2005. Cependant, dans certains domaines (autosuffisance alimentaire, scolarisation primaire, accès à l'eau potable), l'espoir est permis à condition que les efforts déjà entrepris soient maintenus et même intensifiés.

La mise en œuvre, dans le cadre de la loi des Finances notamment, des actions prioritaires du CSLP devrait permettre en définitive une réduction de l'incidence de la pauvreté de 63,8% en 2002 à 47,5% en 2006 sur la base d'un taux de croissance annuel moyen de 6,7%, un taux d'investissement de 22,6%, un taux d'inflation inférieur à 3% et un déficit courant de la balance despaiements inférieur à 9% du PIB, sur la base des axes prioritaires que sont :

- le cadre macroéconomique ;
- le développement institutionnel ;
- l'amélioration de la Gouvernance et de la participation ;
- le développement humain durable et le renforcement de l'accès aux services sociaux de base et enfin ;
- le développement des infrastructures de base ainsi que l'appui aux secteurs productifs.

Dans le domaine des finances publiques, l'objectif est de contenir le déficit global des opérations financières de l'Etat à un niveau soutenable tout en assurant la prise en charge des besoins dans les secteurs prioritaires. L'amélioration durable de la situation financière de l'Etat restera une composante essentielle de la politique budgétaire. Ceci requiert un relèvement rapide des recettes intérieures par un élargissement de la base fiscale ainsi qu'une maîtrise des dépenses publiques. L'accroissement du niveau des recettes et le maintien de la rigueur dans la maîtrise des dépenses budgétaires conduiront à une situation budgétaire soutenable sur l'ensemble de la période.

Avec la maîtrise de l'endettement et le bénéfice des mesures d'allégement de la dette (initiative PPTE), l'encours et le service de la dette extérieure du Mali enregistreront des améliorations régulières sur toute la période 2002-2006.

L'objectif de la politique Monétaire et du Crédit, tel que arrêté par les instances de l'UEMOA vise à accroître l'efficacité du système bancaire par l'amélioration de l'intermédiation financière. A cet égard les stratégies visant l'amélioration de l'environnement du système bancaire et le renforcement de la collaboration entre les banques et le secteur privé seront poursuivies.

En plus de la mise en œuvre de politiques macro-économiques susceptibles de promouvoir une croissance économique forte et distributrice, le Gouvernement entend promouvoir des programmes ciblés axés sur la génération et la création d'emplois à travers l'utilisation des travaux à haute intensité de main d'œuvre, la promotion de microréalisations, l'appui à l'émergence des PME et la promotion de mécanismes décentralisés de financement. Ces activités seront menées en partant des expériences accumulées dans les programmes antérieurs en tenant compte de la disponibilité des capacités institutionnelles existantes au niveau local.

En matière de cadrage macro-économique, le Gouvernement accorde une importance toute particulière aux réformes, indispensables pour donner davantage de souplesse à l'économie et| diversifier la production et les exportations.

Les réformes structurelles entreprises dans le secteur du coton ont pour but d'améliorer l'efficience, d'accroître la concurrence sur les marchés des intrants et d'améliorer les revenus ruraux.

Pour soutenir les efforts de réduction de la pauvreté, les autorités du Mali comptent également renforcer les capacités institutionnelles au niveau local. À cette fin, des mesures seront prises pour mettre en œuvre le programme de déconcentration et de décentralisation, tout en préservant la responsabilité et la transparence budgétaires.

La lutte contre la pauvreté est un grand défi à relever qui exige de gros efforts financiers. Pour ce faire, la mobilisation des ressources intérieures sera poursuivie, tout comme les actions suivantes :

• L'élargissement de l'assiette fiscale (fiscalisation du secteur informel, meilleure maîtrise du secteur minier et des exonérations fiscales et douanières) ;
• La lutte contre la fraude ;
• L'aide budgétaire étant aléatoire, la recherche de financements alternatifs doit être impérative (mobilisation de l'épargne intérieure à travers le marché financier sous-régional et le développement de l'intermédiation financière) ;
• Une meilleure gestion de la dette publique pour assurer sa viabilité et sa soutenabilité ;
• La diversification de l'économie et la recherche de valeur ajoutée ;
• L'amélioration de la gouvernance financière.

C'est dans cette dynamique qu'il faut comprendre la réforme des finances publiques entreprise par le Département de l'Economie et des Finances avec l'adoption d'un nouveau Plan d'action gouvernemental articulé autour de cinq axes. Il s'agit de l'amélioration de la qualité de préparation et l'exécution du budget, du développement de l'efficacité des Administrations fiscales et financières, de l'intégration des financements extérieurs aux procédures budgétaires nationales, de l'accroissement de l'efficacité et de la transparence des procédures des Marchés Publics et du renforcement de la Gouvernance.

Les résultats attendus sont, entre autres, une meilleure maîtrise des dépenses de l'Etat, un accroissement des recettes fiscales, une augmentation de la capacité d'absorption et de l'efficacité de l'aide, une amélioration du suivi des dépenses d'aide publique au développement, une meilleure efficacité du système de contrôle et l'augmentation de son taux de couverture, un renforcement de la décentralisation à travers la déconcentration budgétaire et la déconcentration des procédures de passation des marchés publics et enfin la modernisation des structures du Ministère de l'Economie et des Finances à travers le renforcement des capacités de ses agents.

 


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